Le principe du traitement (1)

La conduite thérapeutique est adaptée à chaque patient.

Actuellement, les traitements disponibles permettent de compenser le déficit en facteur de coagulation lié à la maladie : ce sont des traitements substitutifs (ils ne permettent pas une guérison définitive de l'hémophilie).

Ces traitements correspondent à des concentrés de facteur VIII (dans le cas de l'hémophilie A) ou de facteur IX (en cas d'hémophilie B) et sont administrés par voie intraveineuse.

On distingue :

Télécharger notre poster sur la fabrication des facteurs VIII anti-hémophilique.

Deux principaux types de traitements par les facteurs de coagulation existent (3)

Le traitement curatif :


Le traitement préventif (prophylactique) réalisable dans plusieurs situations :


Les injections débutent chez le petit enfant le plus souvent à un rythme de 1 à 2 par semaine (selon qu'il s'agisse d'une hémophilie A ou B).

Le traitement prophylactique est reconnu pour diminuer les dommages articulaires.

Comment le traitement se déroule-t-il ? (3)

Chez l'enfant, ce sont les parents qui, après une formation auprès de professionnels de santé, vont administrer le traitement à domicile. Ils pourront être aidés par une infirmière, au début et aussi longtemps que nécessaire.

A partir de l'adolescence, le patient hémophile va devenir autonome. Il devient progressivement capable d'effectuer seul ses injections lorsque, après apprentissage, il maîtrise correctement son "auto-traitement".

Les inhibiteurs : une complication liée au traitement par les facteurs anti-hémophiliques (4, 5)

Les molécules de facteurs VIII de la coagulation apportées par le traitement peuvent au fil du temps être reconnues comme étrangères à l'organisme et entraîner l'apparition d'anticorps dirigés contre elles, appelés "InhibiteurDans le cadre de l'hémophilie, on désigne ainsi des anticorps produits par l'organisme et dirigé contre le facteur anti-hémophilique qui lui est administré pour soigner son hémophilie. Il s'agit donc d'anticorps qui viennent neutraliser, inhiber l'action des facteurs anti-hémophiliques. 5 % à 20 % des patients hémophiles présentent ces inhibiteurs. Certaines mesures thérapeutiques visent à diminuer leurs risques d'apparition.s". Il en résulte une diminution de l'effet thérapeutique du facteur VIII qui se trouve ainsi "neutralisé". .

En cas d'apparition d'anticorps inhibiteurs, différentes stratégies thérapeutiques existent, le médecin spécialiste déterminera l'option la plus adaptée :

  • Il peut s'agir de s'abstenir de toute injection du facteur anti-hémophilique concerné.
  • Une autre voie consiste à renforcer la tolérance du système immunitaire (système de défense de l'organisme) vis-à-vis du facteur anti-hémophilique. On procède alors à des injections à fortes doses du facteur anti-hémophilique pendant plusieurs semaines. On parle alors de renforcement de la tolérance immunitaire (ou immune).
  • Dans les cas plus sévères, il faut parfois recourir à des injections de médicaments qui court-circuitent l'effet de l'inhibiteur (il s'agit de facteurs de coagulation qui agissent à une autre étape de la cascade de la coagulation que celle utilisée par le facteur à l'origine des inhibiteurs).
  • D'autres principes peuvent être utilisés selon le cas : techniques d'adsorption des inhibiteurs (afin de les éliminer), traitements qui diminuent l'activité du système immunitaire.

Les conséquences à long terme de l'hémophilie (6)

Les conséquences articulaires des Hémarthrose Epanchement de sang (hémorragie interne) à l'intérieur d'une articulation (genou, cheville, coude, etc). Le signes de l'hémarthrose débutent par des sensations de picotements, de chaleur. Survient ensuite un gonflement très douloureux de l'articulation. L'hémarthrose doit être traitée le plus rapidement possible pour arrêter le saignement et la douleur. La répétition des hémarthroses peut entraîner de graves détériorations articulaires pouvant aboutir à une perte de la mobilité de l'articulation.s peuvent être très invalidantes. Le cartilage articulaire et l'os sont atteints. L'articulation devient douloureuse, inflammatoire, perd en mobilité, elle peut se figer dans une attitude dite "vicieuse".

Les muscles correspondants s'atrophient du fait de leur moindre sollicitation. Ceci souligne l'importance de la prévention par l'activité physique dès le plus jeune âge. Le maintien de l'amplitude des mouvements nécessite parfois le recours au kinésithérapeute.

Dans certains cas, seule une intervention chirurgicale permet d'améliorer la mobilité de l'articulation.



Le mécanisme de formation d'une hémarthrose du genou.


Les localisations d'hémarthroses
les plus fréquentes.

Sources bibiographiques:

  • (1) Direction Générale de la Santé. Ministère de la Sante et des Solidarités. Livret Informations et Conseils. Hémophilie. Mai 2006.
  • (2) Liras A. Recombinant proteins in therapeutics: haemophilia treatment as an example. Int Arch Med. 2008 Apr 28;1(1):4.
  • (3) HAS. Guide affection de longue durée. Hémophilies et affections constitutionnelles de l'hémostase graves. Protocole national de diagnostic et de soins pour une maladie rare. Janvier 2007.
  • (4)Jobin F. Les déficits héréditaires de la coagulation. In : L'hémostase. Les presses de l'université Laval. 2e Edition. Laval, Canada : Presses Université Laval, 1995, pp 516. ISBAFSSAPS. Rapport : Développement des inhibiteurs et prise en charge chez les patients hémophiles traités par Facteur VIII ou IX d'origine plasmatique ou recombinante. Mai 2006.
  • (6) Négrier C. Maladies hémorragiques. Hémorragies A et B. In : Samama M-M et al. Hémorragies et thromboses, du diagnostic au traitement. Paris : Masson, 2004, p12.